L'ennemi intime
Bonjour à tous,
Comme promis, je prends avec vous un nouveau rendez-vous hebdomadaire, au sein duquel on parlera cinoche. Plus particulièrement, je vous ferai partager mon "coup de coeur".
Pour cette première édition, on commence par un film "prise de tête", mais qui me parle directement, de par l'histoire de mon père. Vous allez comprendre.
Il s'agit de l'Ennemi intime, film de Florent-Emilio Siri, avec Magimel et Dupontel dans les rôles principaux.

L'histoire est à la fois très simple et très complexe. Un jeune lieutenant (Magimel) idéaliste arrive au milieu de cette guerre qui ne dit pas son nom (on parle alors d'"opérations de maintien de l'ordre"), sur place il trouve Dupontel, un ancien de l'Indo, militaire de carrière désabusé. Magimel va alors glisser, passer de son point de vue éclairé (il lit Boris Vian et l'Ecume des Jours) à une barbarie infecte.

Le film est très fort, car il nous prend à témoin, il nous montre comment l'humain devient inhumain, quel mécanisme nous fait tendre vers l'inacceptable.
Je me trouve être particulièrement demandeur de ce genre de film, livre ou BD, car mon père faisait partie de ces appelés du contingent. Je cherche à confronter ça à ce que j'ai entendu à la maison.
Je vais vous dire un truc : tout est vrai. Il m'en a raconté des histoires ... Je ne vais pas les détailler ici, ça casserait l'ambiance.
Quand on regarde ses vieilles diapos, on y voit des jeunes de 20 ans qui ne pensent qu'à rire ensemble, des paysages Kabyle à couper le souffle, Alger la Blanche ... On a alors la sensation d'un immense gâchis.
Bref, sachez que mon paternel de père fit de la prison pour refus du port de son grade, il ne participa jamais à des opérations armées (il avait fait les sous-off', il était radiotélégraphe, il réparait les lignes coupées).
Je vous raconte ça pour que vous compreniez bien pourquoi ce film m'a touché, il permet de briser un tabou. La France a honte de "son Viet-nam" (a juste titre), et nous nous devons d'avoir ce devoir de mémoire.
Oui la France utilisait systématiquement la torture, oui la France balançait du napalm, oui elle a même balancé sa petite bombe atomique (13 février 1960) ...
J'aime mon pays, et il suffit juste d'être conscient que c'est notre histoire, aujourd'hui il serait peut-être temps d'assumer.
En 99, Chichi a reconnu que c'était une guerre ... Wahou, énorme progrès.
Bref, n'oubliez pas que c'était il y a encore peu de temps. Revenons au film, il est remarquablement servi par une réalisation virtuose, une superbe photo et deux acteurs que j'aime beaucoup. Ce n'est certes pas un divertissement, ce n'est pas plaisant à voir (la barbarie ne l'est jamais), mais, croyez-moi, c'est important d'avoir ça en tête.
J'en profite pour faire la pub d'une excellente BD traitant du même conflit : Azrayen.

A lire absolument. Allez je vous laisse pour ce soir, on reviendra demain avec des choses plus gaies, promis !!
Comme promis, je prends avec vous un nouveau rendez-vous hebdomadaire, au sein duquel on parlera cinoche. Plus particulièrement, je vous ferai partager mon "coup de coeur".
Pour cette première édition, on commence par un film "prise de tête", mais qui me parle directement, de par l'histoire de mon père. Vous allez comprendre.
Il s'agit de l'Ennemi intime, film de Florent-Emilio Siri, avec Magimel et Dupontel dans les rôles principaux.

L'histoire est à la fois très simple et très complexe. Un jeune lieutenant (Magimel) idéaliste arrive au milieu de cette guerre qui ne dit pas son nom (on parle alors d'"opérations de maintien de l'ordre"), sur place il trouve Dupontel, un ancien de l'Indo, militaire de carrière désabusé. Magimel va alors glisser, passer de son point de vue éclairé (il lit Boris Vian et l'Ecume des Jours) à une barbarie infecte.

Le film est très fort, car il nous prend à témoin, il nous montre comment l'humain devient inhumain, quel mécanisme nous fait tendre vers l'inacceptable.
Je me trouve être particulièrement demandeur de ce genre de film, livre ou BD, car mon père faisait partie de ces appelés du contingent. Je cherche à confronter ça à ce que j'ai entendu à la maison.
Je vais vous dire un truc : tout est vrai. Il m'en a raconté des histoires ... Je ne vais pas les détailler ici, ça casserait l'ambiance.
Quand on regarde ses vieilles diapos, on y voit des jeunes de 20 ans qui ne pensent qu'à rire ensemble, des paysages Kabyle à couper le souffle, Alger la Blanche ... On a alors la sensation d'un immense gâchis.
Bref, sachez que mon paternel de père fit de la prison pour refus du port de son grade, il ne participa jamais à des opérations armées (il avait fait les sous-off', il était radiotélégraphe, il réparait les lignes coupées).
Je vous raconte ça pour que vous compreniez bien pourquoi ce film m'a touché, il permet de briser un tabou. La France a honte de "son Viet-nam" (a juste titre), et nous nous devons d'avoir ce devoir de mémoire.
Oui la France utilisait systématiquement la torture, oui la France balançait du napalm, oui elle a même balancé sa petite bombe atomique (13 février 1960) ...
J'aime mon pays, et il suffit juste d'être conscient que c'est notre histoire, aujourd'hui il serait peut-être temps d'assumer.
En 99, Chichi a reconnu que c'était une guerre ... Wahou, énorme progrès.
Bref, n'oubliez pas que c'était il y a encore peu de temps. Revenons au film, il est remarquablement servi par une réalisation virtuose, une superbe photo et deux acteurs que j'aime beaucoup. Ce n'est certes pas un divertissement, ce n'est pas plaisant à voir (la barbarie ne l'est jamais), mais, croyez-moi, c'est important d'avoir ça en tête.
J'en profite pour faire la pub d'une excellente BD traitant du même conflit : Azrayen.

A lire absolument. Allez je vous laisse pour ce soir, on reviendra demain avec des choses plus gaies, promis !!
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